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Déclaration Commune du CEE (extrait)


 

Notre comité est comme vous le savez soucieux de ce qui se passe dans le monde et par conséquent des répercussions sur les peuples. En conséquence nous prêtons une attention particulière aux endroits les salariés du Groupe sont présents.

 

Au premier plan de nos préoccupations, cela ne vous a certainement pas échappé la situation au moyen orient est inquiétante à plusieurs égards : le respect du droit international, des conventions de l’OIT, des droits de l’homme sont bafoués

 

Dans les monarchies, les pratiques vont de la punition corporelle à la peine de mort, la femme n’est pas l’égale de l’homme, on y parle de travaux forcés et d’esclavage selon des ONG. Quant à l’état qui pratique la colonisation contre les textes internationaux depuis 60 ans avec le soutien et les provocations récentes des Etats Unis, est une tragédie qui risque de nous mener vers la guerre.

 

La stratégie du Groupe de s’implanter dans ces pays doit allier progrès économique et progrès social. Posséder des filiales dans cette partie du monde comme ailleurs nous incombe des responsabilités particulières et le devoir d’améliorer la situation. Nous devons véhiculer les valeurs de solidarités et d’égalités. Quand on décroche un contrat sur une génération, le travail est immense.

 

Soyez sûr, qu’avec l’aide de notre fédération internationale et nos contacts, nous allons porter une attention particulière sur les conditions de travail dans cette partie du monde...

 

Avec notre fédération Européenne nous allons lancer une campagne pour dénoncer le dumping dans les transports sous la menace des législations libérales de la commission européenne, mise en œuvre du 4ème paquet ferroviaire, paquet mobilité. Aujourd’hui certains textes ne sont pas respectés, je pense notamment à la directive 2005/47 ou les premiers résultats de l’étude ETF/CER sont plus que préoccupants. La volonté dans le secteur routier d’élargir le cabotage, de sortir les salariés du transport de la directive détachement est inadmissible au regard des abus généralisés des employeurs.

 

Le groupe s’inscrit dans ce contexte, et nous ne rentrerons pas dans le jeu qui consiste à mesurer les plus vertueux ou les plus rusés dans le contournement des lois.

 

Notre groupe supprime l’accompagnement des trains et la présence humaines dans les gares alors que les usagers réclament plus de services afin de garantir l’accès à tous au transport.  L’exemple du Southern témoigne de l’acharnement d’une direction qui a mis tous les moyens pour parvenir à ses fins.

 

Nous vous interpellons aussi sur la stratégie des compagnies ferroviaires Thalys et Eurostar, stratégie de maintenance dont nous avons parfois du mal à comprendre la cohérence mais nous percevons très bien le chantage à la charge de travail dans les ateliers...

 

Un plan social Eurostar qui de notre point de vue aurait dû faire l’objet d’une consultation au CEE. Vous avez par ailleurs confirmé des rapprochements entre Eurostar et Thalys, quelles sont les réflexions :

Ø Est-ce une fusion, une réintégration, un partenariat ?

Ø Quels gains de productivité, de synergie espérez vous ?

Ø Le Brexit a-t-il précipité les choses ?

 

Enfin espérez-vous nous consulter ou allez-vous procéder comme STVA ? Plus généralement pensez-vous que cette instance a un rôle à jouer, ou allez-vous continuer à bafouer nos prérogatives ?

 

Beaucoup de questions et peu de réponse, après l’échec de l’achat de CÉVA, dont vous nous rappeliez combien cette acquisition était vitale, les salariés s’inquiètent d’autant que le fret forwarding est de plus en plus sous la pression des 7 entreprises maritimes mondiales.

 

Avons-nous toujours l’ambition d’acheter un concurrent dans la logistique et dans ces circonstances, quelle stratégie pour ERMEWA ?

 

 

 

Rassurez-vous nous n’avons pas oublié la loi sur le devoir de vigilance car les choix stratégiques engagent les salariés et les travailleurs qu’ils soient du groupe, sous-traitants ou fournisseurs. Ils travaillent pour le Groupe SNCF et portent le risque eux aussi in fine. Ils sont non seulement des parties prenantes de l’entreprise mais surtout des parties constitutives du Groupe.

  

Le devoir de vigilance, c’est le pouvoir que l’on exerce qui compte et pas seulement la responsabilité juridique...

 

Elle va dans le sens de l’histoire des grands standards internationaux qui visent à réguler l’activité des multinationales.. .

 

 

Pour construire son acceptabilité sociale le Groupe SNCF  doit mettre la même vigilance à prévenir les risques sociaux et environnementaux que les risques financiers.

Le CEE a un rôle à jouer dans ces démarches car en tant qu’instance transnationale, il peut permettre à la SNCF d’évaluer la mise en œuvre de ses engagements internationaux, de veiller à la cohérence entre eux et les politiques internes Il pourrait être associé à la réalisation de la cartographie des risques qui est le premier élément de l’obligation de vigilance.

 

Souhaitez-vous Monsieur le Président être conforme ou visez-vous l’exemplarité qui nous confèrerait un avantage comparatif face à des concurrents internationaux ? Il nous semble que cela serait un élément déterminant pour être en phase avec ces ambitions en terme d’internationalisation.

 

Enfin nous voulions terminer par ce qui nous semble le plus important dans l’immédiat, c’est le respect...

 

Qu’un dirigeant n’apprécie pas que nous observions des critiques négatives concernant l’entreprise, nous  pouvons le concevoir. Mais qu’une de nos collègues suédoises soit menacée pour de tels faits est une attaque contre le droit syndical. Nous sommes ici pour comprendre, dénoncer, proposer, négocier et cela ne passe pas par la congratulation collective.

 

Je vous prie de Monsieur le Président de régler au plus vite cette situation et rappeler nos engagements communs.

 

 

David GOBÉ

Secrétaire du Comité

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