· 

Le groupe SNCF ne doit pas avoir de frontières sociales

extrait de la motion du 29 avril 2021 (seul une l'organisation CFDT n'a pas souhaité s'y associer)

 

L’avènement du dialogue social transnational dans le Groupe SNCF en Europe a permis par obligation législative de constituer un comité d’entreprise européen. 

 

Depuis 2013, la négociation de l’accord CEE avec l’aide de nos fédérations mondiales ETF et ITF, les représentants du personnel ont ainsi pu diffuser de l’information et une connaissance plus fine du groupe SNCF et de ses enjeux stratégiques auprès des salariés. 

 

L’échange Européen a permis de comparer les situations de travail et économiques des pays de l’union et comme le précise l’objectif de la directive 2009/38, d’instaurer un processus d’information et de consultation.

  

Depuis 8 ans, le Groupe SNCF a considérablement évolué, sur les 271509 salariés du groupe recensés au 31 décembre 2020, 22000 environ sont dans l’Union Européenne et 39000 dans le reste du monde. Les données fournies au Comité dénombrent 1199 filiales dont 120 ou la SNCF n’a pas le contrôle. 

 

Dans ce « reste du monde » nous incluons le Royaume-Uni.

 

Pour rappel, la Grande Bretagne représente 24 filiales consolidées dont 17 à 100% soit 6634 salariés au 31 décembre 2020.  12 filiales non consolidées (4 à 45% et 8 à 35%) représentent 11700 salariés. En 2019, ces filiales représentaient un chiffre d’affaire de 2 milliards € et une marge opérationnelle pour le groupe de 264 millions €. 

 

Environ 18000 salariés dépendent directement d’une filiale où la SNCF est actionnaire, on vous laisse mesurer combien de fournisseurs et sous-traitants dépendent de vos décisions !

 

La performance en Grande-Bretagne est unique dans le Groupe SNCF, en mêlant fort volume d'affaires et taux de marge élevé. La SNCF est actionnaire dans 6 des 17 franchises et 2 des 6 concessions du réseau national ferroviaire britannique. 

 

Mesurant ce que représente le Royaume-Uni en termes financiers, c’est aussi mesurer les forces qui créent ces richesses, les salariés ! 

 

C’est aussi vrai dans les 128 pays où le groupe est présent, et plus précisément pour les 21000 salariés Canadiens et Américains, les 5000 Australiens, les 1500 Indiens et Chinois ainsi que les 800 Mexicains.

 

35000 salariés sont localisés dans ces 7 pays (UK inclus), ajoutez à cela l’articulation avec les comités Kéolis, celui de géodis,  la loi française et bientôt Européenne sur le devoir de vigilance,  la déclaration de principes tripartite sur les entreprises multinationales ainsi que la politique sociale de l’OIT, avouez qu’il y a matière à réflexion !

 

Les nouveautés législatives imposent de modifier l’accord, mais l’entreprise publique à la tête de ce groupe a-t-elle besoin d’attendre le cadre législatif ?  L’entreprise d’État n’a-t-elle pas des principes et des valeurs universels à défendre ? 

 

Comme le rappelle le préambule de l’accord CEE 

 

« L’implantation historique de SNCF en France et le développement de son activité au sein de l’Union européenne et au niveau international ont fait de SNCF un groupe de référence dans le monde du transport. »

Avant de finir par :

 

« Les signataires veulent aussi faire du CEE un des moyens d’afficher et de partager les principes de responsabilité sociale du Groupe SNCF, ses valeurs de service public. Ils entendent ainsi favoriser l’émergence d’une identité forte combinant la diversité des cultures des sociétés du Groupe »

 

Un CEE élargi en comité monde doit être un objectif commun, 120 multinationales ont un comité monde, une vingtaine sont françaises parmi lesquelles :  EDF, SUEZ, Orange, Société Générale, Danone, Safran, Clud Med, Carrefour, Auchan, Europcar, Lafarge, Eurosport, PSA, Renault, Total, Vallourec, Sodexo, Rhodia.

 

Le Groupe peut franchir un pas et se mettre progressivement au niveau des enjeux futurs en consolidant un Groupe mondial doté d’un comité Monde. 

 

un dialogue sur ce sujet s’impose, cela prend du temps, nécessite de la concertation, de l’ouverture et en préalable un objectif commun et une vision de l’avenir  optimiste du progrès social. 

Écrire commentaire

Commentaires: 0